Le contexte philippin
Aux Philippines, 46,6 millions de personnes (60% de la population) vivent avec moins de 2 US$ par jour. Selon un rapport récent établi par la Banque de développement asiatique, la situation ne cesse d'empirer depuis 1997.
Les Philippines sont confrontées à de graves problèmes économiques, financiers et structurels. Le pays souffre d'une répartition inégale des richesses. Aujourd'hui, le déséquilibre du budget, l'énorme dette extérieure et le faible niveau de la levée d'impôt menacent sérieusement la stabilité du pays. Si des mesures consistantes ne sont pas prises rapidement, ce pays risque de subir le même sort que l'Argentine. Depuis plus de trente ans, les Philippines ont également du faire face à une forte instabilité civile dans le Mindanao. Celle-ci a été très violente en 2003 (plus de 30.000 personnes ont été déplacées), plus modérée en 2004, malgré plusieurs ruptures des cessez-le-feu et des pourparlers avec les autorités malaisiennes.
Mindanao, et plus exactement, la région autonome du Mindanao islamiste (Rama), est la région la plus pauvre des Philippines. Malgré un énorme besoin d'aide au développement, l'insécurité empêche les agences internationales de travailler sur le terrain. Des attaques terroristes sanglantes ont eu lieu à Manille, ainsi que dans plusieurs régions du Mindanao.
Le pays fait face à une corruption telle dans de nombreux secteurs qu'elle décourage les investisseurs. Les offres d'emploi sont rares : chaque jour, 2.500 Philippins quittent le pays pour aller travailler à l'étranger ; 8 à 10 % du PIB proviennent de travailleurs philippins expatriés. On assiste à une véritable fuite des cerveaux. Les élections présidentielles de mai 2004 ont été les plus sanglantes depuis l'indépendance du pays. Après plusieurs scrutins, Gloria Macapagal Arroya a été élue présidente, de justesse. L'arène politique est très divisée, ce qui empêche d'arrêter ou de renverser cette tendance à la débâcle dans laquelle le pays s'est engagé.

