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Dix semaines d'urgence

Des actions sur plusieurs fronts

Séance de soin à Haïti. Copyright W. Daniels pour Handicap International.

La phase d'urgence passée, les actions de Handicap International se consacrent désormais au redémarrage du pays et à son développement à long terme, qui passe aussi par la réadatpation et la réinsertion des personnes handicapées.

Découvrez ci-dessous les dix premières semaines de notre réaction à cette catastrophe.



Vendredi 26 mars 2010
Santé en Haïti : un déploiement sans précédent 


Plus de 130 personnes dont une quarantaine d'expatriés, des interventions dans 14 hôpitaux, 9 « Antennes handicap », des équipes mobiles... Pour couvrir le domaine de la santé, Handicap International a déployé des moyens sans précédent en Haïti.

Ils viennent du Canada, de Belgique, du Liban, des Etats-Unis, du Salvador, d'Afrique du Sud, de Suisse, du Togo... pour apporter leur expertise de la prise en charge des personnes amputées ou blessées suite au tremblement de terre du 12 janvier. Les expatriés des équipes santé de Handicap International sont issus de nombreux pays, signe d'une mobilisation sans précédent.

Ils sont renforcés par des personnels haïtiens (infirmières, personnels de réadaptation et travailleurs communautaires). Dans le cadre d'un enseignement accéléré puis d'une pratique quotidienne, des formations leur sont données pour la prise en charge des personnes blessées (présentant des fractures, des écrasements, des brûlures ou encore des lésions cérébrales), des personnes amputées et des personnes paralysées, ainsi que pour les transferts des patients et l'utilisation des aides à la mobilité.

Proximité
Deux mois après la catastrophe, ces équipes interviennent régulièrement dans 12 hôpitaux de Port-au-Prince et dans 2 hôpitaux supplémentaires pour proposer un appui technique à la demande. L'association a également déployé 9 « Antennes handicap ». Abritées dans des tentes dispensaires, souvent à proximité des hôpitaux, ces structures permettent d'assurer le suivi des patients à leur sortie de l'hôpital. Elles apportent plus généralement une aide gratuite aux personnes blessées, aux personnes âgées et aux personnes handicapées. Neuf équipes mobiles de soins, composées chacune de six personnes, rayonnent à partir de ces points relais. Elles dispensent un appui médical au cœur des quartiers, pour les blessés qui n'ont pas pu ou pas voulu se rendre dans un hôpital, ainsi que pour ceux qui en sortent et dont la blessure nécessite un suivi. Ce dispositif de proximité doit favoriser l'accès au soin et le suivi des personnes les plus vulnérables.

Appareillage
Plus de 1 700 personnes ont déjà bénéficié de soins ou de séances de réadaptation. Dans le même temps, près de 300 personnes amputées ont été évaluées en vue d'un appareillage, et une cinquantaine a été appareillée ou est en voie de l'être. Les appareillages ont commencé début mars, avec l'installation d'un atelier permettant la préparation des prothèses temporaires au cœur de Port-au-Prince. Les équipes de Handicap International vont chercher les patients là où ils ont trouvé refuge, parfois à plus d'une heure de route du centre d'appareillage. C'est là que sont effectués la production des prothèses, les essais et le suivi des patients en termes de réadaptation et d'entraînement. L'association va produire entre 300 et 400 prothèses d'urgence et une centaine d'orthèses (attelles, corsets, gouttières...), au cours des six premiers mois.

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Mercredi 24 février 2010
Géraldine Jacquemin, responsable des équipes d'intervention dans les hôpitaux, pour Handicap International en Haïti.

On a beaucoup parlé des amputations, mais ce ne sont pas les seuls traumatismes observés...

"Il a en effet une proportion très importante de fractures, qui concernent en particulier les membres inférieurs. Dans l'urgence, la prise en charge n'a pas pu être optimale, puisque de nombreuses équipes ne disposaient pas de radiologie, ni de quoi stabiliser les fractures ou de pratiquer de la chirurgie interne. Cela implique que des fractures ont été réduites et stabilisées à l'aveugle, faute de mieux. Habituellement, on pratique une réduction de la fracture, c'est-à-dire qu'on remet les os bien en place. Et aujourd'hui, sur la majorité des radiographies que l'on voit, on peut dire que les fractures ne se sont pas consolidées d'une manière normale, et que l'alignement des os n'est plus régulier. C'est un facteur de handicap important : cela peut générer des membres déformés, des problèmes articulaires, des jambes de longueur inégale. Avec un handicap social également puisque les personnes concernées ne seront donc pas capables de reprendre leur activité antérieure au séisme si celle-ci implique un travail physique important."

Parmi les traumatismes observés, quelle est la proportion de fractures ?

"Il est difficile d'avoir une vision générale puisque les patients sont très éparpillés dans les hôpitaux. Ces derniers jours, nos équipes mobiles qui se rendent dans les quartiers ont d'ailleurs vu des blessés qui avaient reçu des soins non-adaptés. Mais dans les hôpitaux où nous intervenons, on peut estimer le nombre de fractures est trois fois plus important que les amputations. On peut dire que c'est une catastrophe orthopédique..."

Comment faut-il prendre en charge les blessés orthopédiques ?
"La première chose, c'est de prendre en charge les patients dès maintenant, pour maintenir la souplesse articulaire et éviter les contractures. On doit mener ce travail préventif pour éviter une dégradation de l'état du patient. Quand on peut enlever le plâtre ou le fixateur externe, il faut remobiliser le patient, lui permettre de faire bouger ses membres. S'il peut s'appuyer sur une jambe, on lui donne des béquilles et on lui apprend à s'en servir de manière à ce qu'il puisse se déplacer."

On peut soigner une fracture mal réduite ?
"Si la fracture n'est pas encore consolidée, on peut penser à intervenir. Il est possible de réaliser une intervention chirurgicale. Mais plus d'un mois après la catastrophe, les patients sont sous des tentes où dans des hôpitaux, dans des conditions d'hygiène encore très précaires. Ça implique des risques infectieux importants. Mettre une fixation interne pour consolider une fracture, ce n'est donc pas encore une solution idéale. Si on a une mauvaise consolidation de la fracture, l'intervention chirurgicale est encore plus complexe."

Vous observez d'autres types de traumatismes ?
"Le tremblement de terre a entrainé beaucoup de traumatismes neurologiques. Des murs se sont effondrés sur des gens, certains se sont retrouvés coincés et immobiles pendant plusieurs jours sous des décombres. On observe énormément de traumatismes neurologiques liés aux fractures. On observe aussi des plaies importantes. Nos kinésithérapeutes interviennent pour éviter, là encore, le développement de contractures sur les membres blessés, et pour réduire les complications liées à un alitement prolonge."

Quelle est la situation des blessés de la moelle épinière ?
"On en a recensé une cinquantaine, dispersée dans plusieurs établissements. Mais avant-hier, j'ai vu une patiente paraplégique qui se trouvait chez elle, qui n'avait pas été recensée. On a vu essentiellement des patients paraplégiques, très peu de tétraplégiques.. Il est donc évident que toutes les personnes touchées à la moelle épinière n'ont pas encore été prises en charge. Il peut y en avoir aussi qui sont dispersées dans de petits hôpitaux. L'objectif est de les répertorier. Et avec des partenaires, nous sommes en train de chercher une solution pour rassembler ces patients, et proposer un plan de prise en charge spécialisée et à long terme. C'est une problématique que Handicap International connaît bien pour avoir déjà monté des unités pour accueillir des blessés de la moelle épinière notamment en Asie."




Mardi 16 février 2010
Jean-Baptiste Richardier, directeur général du mouvement Handicap International, s'est rendu en Haïti début février. Il témoigne de l'ampleur de la catastrophe et de ses conséquences.

"Les blessés sont effectivement partout. En visitant les hôpitaux de Port-au-Prince, j'ai pu mesurer la profondeur du traumatisme vécu par chaque blessé, mais aussi l'ampleur de la catastrophe et le bien fondé de notre intervention. Au chevet des blessés, les kinésithérapeutes de l'association leur dispensent des soins indispensables, leur procurant ainsi un réconfort immédiat. Les kinésithérapeutes assurent dans le même temps la fourniture d'aides à la marche ou à la mobilité, essentielles pour que les blessés et les personnes amputées retrouvent une certaine autonomie.
Le matériel indispensable à notre atelier d'appareillage acheminé à Port-au-Prince permettra la production des premières prothèses temporaires dans les tous prochains jours. Avec un tel appareillage, modulaire et évolutif, les personnes reprennent rapidement une activité physique, favorable à leur état général. A la faveur des exercices et de la marche, le moignon prend progressivement sa forme définitive, ce qui permet de préparer chaque patient à un appareillage permanent, réalisé ultérieurement sur mesure, et plus esthétique.

Mais l'impact psychologique de l'appareillage est peut-être plus important encore. L'image de soi est gravement atteinte par la perte d'un membre, et la prise en charge précoce constitue une forme de « restauration », avec des perspectives d'avenir qui sont considérablement améliorées.

Coordonner les actions de réadaptation
Les prothèses temporaires offrent également le temps dont nous avons tellement besoin pour faire face au nombre des patients. Elles peuvent ainsi être utilisées jusqu'à six mois sans problème. Quant aux appareillages définitifs qui seront produits ensuite, ils devront être changés tous les trois à cinq ans dans le cas d'un adulte, et environ tous les six mois dans le cas d'un enfant en pleine croissance.

Du fait de sa présence immédiate à Port-au-Prince, Handicap International s'est vue confier par les Nations-unies la mission de coordonner les actions de réadaptation, d'appareillage et d'assistance aux personnes handicapées pour l'ensemble du pays, conjointement avec nos collègues de l'organisation allemande CBM (Christian Blind Mission). C'est une lourde responsabilité, mais une tache essentielle pour réguler une générosité internationale parfois désordonnée.

Parallèlement à notre aide aux blessés et aux personnes handicapées, les logisticiens de l'association, présents sur place depuis les cyclones de 2008, gèrent une flotte inter-agences d'une cinquantaine de camions, qui apporte une contribution précieuse pour l'acheminement et la distribution de l'aide humanitaire à Port-au-Prince, par les très nombreuses ONG qui sollicitent notre appui.

Capitale ravagée
La capitale haïtienne a été véritablement ravagée. Avec près des deux tiers des maisons à terre ou chancelantes, les Haïtiens s'abritent comme ils le peuvent et s'efforcent de nettoyer les rues de la ville. Malgré l'interdiction officielle, les habitants fouillent les décombres et tentent de reconstruire leur maison avec du matériel récupéré parmi les débris. Ces constructions de fortune n'offriront pas la moindre résistance en cas de nouvelles secousses sismiques. Mais le besoin de procurer un toit à sa famille est le plus fort, compte tenu de l'état des campements provisoires à l'intérieur et autour de la ville.

Aide de proximité
L'organisation de l'aide est rendue extrêmement difficile à Port-au-Prince tant la capitale est paralysée par les embouteillages. Cette situation complique également les déplacements de nos équipes Santé qui se rendent quotidiennement dans quatorze hôpitaux et dans les quartiers les plus touchés. C'est pour améliorer cette situation que nous avons rapidement mis en place neuf « points relais pour personnes handicapées et vulnérables », qui permettent d'offrir une aide de proximité.

Population démunie
J'ai pu aussi me rendre à Petit-Goâve et à Petite-Guinée, deux villes côtières proches de l'épicentre du séisme. L'habitat y est plus précaire et plus clairsemé, ce qui explique que les blessures traumatiques graves y soient moins nombreuses. Cependant, les destructions sont bien là, et l'aide a tardé à atteindre une population totalement démunie elle aussi. L'environnement luxuriant du bord de mer, et l'apparente tranquillité cache une colère bien compréhensible. La population se sent délaissée, alors que les médias se font l'écho permanent de l'abondance de l'aide à Haïti et à Port-au-Prince... Dans ce secteur, nos équipes ont commencé des distributions d'abris provisoires et de nourriture. Un recensement systématique des familles les plus vulnérables et des personnes âgées ou handicapées est en cours, pour leur procurer une aide ciblée. Nos équipes vont enfin pouvoir démarrer rapidement des activités de déblaiement, en y associant la population moyennant un petit salaire, pour redonner du pouvoir d'achat aux familles, et contribuer ainsi à relancer l'économie locale.

Abris semi temporaires
Nous préparons également la phase suivante, qui doit permettre la fourniture d'abris semi-temporaires, qui doivent permettre aux familles qui ont perdu leur maison de traverser la prochaine saison des pluies, avec ses cyclones fréquents, sans trop de difficulté. Ensuite seulement, viendra l'heure de la véritable reconstruction.

A ce jour, l'équipe Handicap International à Haïti est composée de près de 40 expatriés et de 300 collègues haïtiens. Ils mobilisent toute leur énergie pour conduire les projets que nous avons lancés afin de venir en aide à la population.


Jeudi 28 janvier 2010
Handicap International renforce son équipe en Haïti


250.000 blessés selon les Nations Unies, entre 2.000 et 4.000 amputés selon Handicap International. Ces chiffres considérables constituent un défi historique pour les acteurs de l’aide humanitaire, étant donné le manque de capacité de soins dans le pays après le séisme du 12 janvier dernier. Face à ces enjeux, Handicap International s’engage sur le long terme et envoie en Haïti un coordinateur administratif, financier et logistique pour assurer la mise en place d’un projet de kinésithérapie hospitalière.

L’intervention de Handicap International en Haïti s’articule autour de deux axes. En termes de logistique humanitaire, l’ONG participe actuellement à l’acheminement de l’aide humanitaire par la plateforme logistique internationale et distribue des kits d’urgence pour les sans-abri (en facilitant l’accès à l’aide pour les personnes handicapées et les personnes vulnérables). Elle projette en outre, dès février, de mettre en place des abris temporaires pour les personnes handicapées et les personnes vulnérables, tout en pratiquant des opérations de déblaiement.

En termes de santé, l’organisation porte d’ores et déjà assistance aux blessés et aux amputés dans les hôpitaux à travers un suivi postopératoire et une rééducation d'urgence. En outre, elle prend en charge l’assistance aux blessés et aux amputés dans quatre quartiers de la capitale, en identifiant et soignant les victimes, et en les orientant vers les structures de santé. De plus, Handicap International distribue du matériel orthopédique et des aides à la mobilité, tout en apportant un soutien psychosocial aux personnes traumatisées. Enfin, l’ONG débutera la fabrication de prothèses d’urgence dans les semaines à venir, dès que les amputations auront pu cicatriser correctement.

C’est sur ce volet santé qu’interviendra plus directement Olivier Pirot en tant que coordinateur administratif, financier et logistique. Olivier a déjà une grande expérience de Handicap International puisqu’il a effectué des missions de longue durée pour l’ONG en 2002 au Cambodge et en 2004 en Afghanistan. En outre, Olivier est profondément ancré dans la vie luxembourgeoise puisqu’il a exercé diverses responsabilités professionnelles au Grand Duché, notamment au Centre de Recherche Henri Tudor ou, plus récemment, auprès de Luxairgroup.

Sa présence en Haïti est prévue pour une durée initiale d’un mois à compter du 1er février. Au-delà de la gestion quotidienne du projet sur place, les conclusions issues de cette première mission serviront à adapter la mise en œuvre de l’aide fournie par Handicap International en Haïti.

En outre, l’ONG luxembourgeoise poursuit ses démarches afin d’envoyer sur place, dans les prochaines semaines, une kinésithérapeute exerçant au Rehazenter pour participer aux nombreux soins de rééducation nécessaires.



Lundi 25 janvier 2010
L’équipe Santé de Handicap International en Haïti est confrontée à l’immensité du nombre de blessés et évalue le nombre d’amputés à plus d’un millier. L’association engage un plan d’action sur plusieurs années.

Pour venir en aide aux très nombreux blessés, l’équipe Santé de Handicap International dispose actuellement sur place d’un effectif d’une trentaine de personnes (dont huit expatriés), répartie en six équipes mobiles de soins. Cet effectif devrait être porté à une centaine de personnes environ (dont une quinzaine d’expatriés), sous deux à trois semaines. La section luxembourgeoise de l’ONG organise actuellement l’envoi sur place de deux professionnels, dont un kinésithérapeute.

Deux de ces équipes mobiles, composées de spécialistes de la réadaptation physique, interviennent directement dans huit hôpitaux de Port-au-Prince, où seuls les cas les plus graves peuvent être admis, face à l’afflux de blessés. Les amputations représentent la majorité des opérations. Certains patients qui présentent des fractures fermées doivent repartir, en attendant que les cas les plus urgents aient pu être traités. C’est à travers le travail dans ces huit d’hôpitaux, où plus de 500 personnes amputées ont été répertoriées, et à partir du recueil de données collectées par d’autres organisations, que l’équipe a pu évaluer le nombre d’amputés à plus de 1.000.

« La situation en Haïti aujourd’hui est véritablement sans précédent, déclare Thomas Calvot spécialiste de la prise en charge des blessés lors des séismes au sein de Handicap International. L’ampleur du nombre de blessés, 250.000 d’après les Nations-Unies, se conjugue avec le fait que les structures de santé ont été balayées. Dans l’urgence, les médecins n’ont souvent pas d’autre choix que l‘amputation. Lors des puissants séismes en Chine en 2008 ou au Pakistan en 2005, la situation était bien moins critique, du fait de la présence d’hôpitaux performants. En Haïti, aucune organisation ne peut se prévaloir de pouvoir couvrir tous les besoins dans ce secteur. Nous travaillons déjà avec des associations partenaires pour pouvoir prendre en charge le maximum de blessés, de manière coordonnée. »

En accord avec les responsables des hôpitaux, les membres de Handicap International assurent des soins de rééducation postopératoire, distribuent des aides à la marche et du matériel orthopédique, et mettent en place un système de suivi des patients dans la durée. « Vous devez faire fonctionner vos articulations, répète inlassablement le docteur Colleen O'Connell aux personnes amputées, dans des salles d'hôpital bondées. Pour éviter les contractures, il faut faire ces exercices chaque jour. C'est indispensable pour que l'on puisse ensuite vous mettre une prothèse. »

Les quatre autres équipes mobiles de Handicap International sillonnent quatre quartiers et faubourgs de la capitale parmi les plus pauvres (Carrefour, Carrefour Feuilles, Christ-Roi, Pétionville), et assurent des soins et des distributions d’aides à la mobilité dans les camps de sans-abris et dans les rassemblements de population plus modestes.

Les besoins en appareillage vont être considérables. Cette activité ne pourra démarrer qu’en mars, après la cicatrisation des amputations. Handicap International va produire entre 300 et 400 prothèses d’urgence, au cours des premiers six mois. Ces appareillages temporaires devront ensuite être remplacés par des prothèses définitives. L’objectif de l’association est de créer et de coordonner une capacité de réadaptation et d’appareillage sur le long terme, en formant du personnel haïtien pour en assurer la pérennité.



Vendredi 22 janvier 2010
Une vingtaine d'expatriés et leurs 130 collègues haïtiens sont désormais engagés dans la réponse de Handicap International à l'urgence en Haïti : soins aux blessés, réadaptation postopératoire, appareillage, distributions d'aide, abris temporaires... Ces actions lancées par Handicap International dès les premiers jours qui ont suivi le séisme du 12 janvier devront s'inscrire sur le long terme, avec une préoccupation constante pour les plus vulnérables, à l'image du projet d'abris temporaires.


Santé
Six équipes mobiles de soins sont à l'œuvre depuis lundi dans quatre quartiers de Port-au-Prince, pour apporter les premiers soins et stabiliser les blessés en attendant leur hospitalisation. Elles sont renforcées par cinq spécialistes de la réadaptation en provenance du Canada et des Etats-Unis. Parallèlement, deux kinésithérapeutes de Handicap International Belgique sont arrivés mercredi soir pour travailler en partenariat avec MSF Belgique. En outre, Handicap International Luxembourg organise actuellement l'envoi sur place de deux professionnels.

L'ONG est donc en mesure d'intensifier son soutien aux hôpitaux ainsi que l'identification des personnes blessées et leur référencement au sein des communautés, pour veiller à ce qu'elles reçoivent les soins nécessaires sur place ou une fois raccompagnées vers les hôpitaux. Le suivi postopératoire et la rééducation d'urgence vont également pouvoir être renforcés. Nous recensons des amputations par centaines. L'objectif de Handicap International est de proposer les premiers appareillages à partir du mois de mars prochain, le temps que les amputations aient cicatrisé, avec l'ambition de produire 300 à 400 prothèses d'urgences au cours des trois premiers mois. Haïti ne comptait quasiment aucun professionnel de la réadaptation et de l'appareillage avant la catastrophe, ce qui rend d'autant plus nécessaire notre intervention.

Soutien logistique
Au surlendemain de la catastrophe, Handicap International avait pu organiser un premier convoi d'aide humanitaire, depuis la ville de Gonaïves, à destination de Port-au-Prince. Le redéploiement de la flotte de 45 camions gérée par l'association* permet désormais d'assurer des rotations incessantes pour désengorger l'aéroport où arrive encore l'essentiel de l'aide humanitaire. Handicap International dispose aussi d'un entrepôt opérationnel de 3 500 m2 destiné à stocker une partie de cette aide, pour la répartir ensuite vers des points de distribution secondaire. Cette mission de soutien à l'ensemble de la communauté humanitaire à Port au Prince et dans le reste du pays, se poursuivra durant plusieurs mois compte tenu de l'ampleur des besoins.

Abris temporaires
Handicap International va également intervenir à l'ouest de Port-au-Prince où se trouvent notamment Petit-Goâve et Grand-Goâve. Situés à environ dix kilomètres de l'épicentre du séisme, ces deux zones ont été détruites à 60 % et représentent à elles seules environ 50 000 personnes affectées. L'association prépare la distribution de kits d'urgence contenant des bâches et des cordes, afin de permettre aux populations affectées de s'abriter, des couvertures, des nattes, des filtres à eau, des jerricans et des ustensiles de cuisines. Une aide concrète et indispensable pour les populations les plus touchées.

Mercredi 20 janvier 2010
L'arrivée de renforts spécialisés en réadaptation va permettre à Handicap International d'intensifier ses actions auprès des blessés ce mercredi. Il y a urgence puisque la majorité d'entre eux n'a encore pas eu accès à l'hôpital alors qu'une deuxième secousse de magnitude 6 vient de frapper le pays.

Soins aux blessés
Handicap International a commencé son intervention auprès des blessés dès samedi dernier. Cette intervention s'est intensifiée lundi avec le déploiement de six équipes médicales mobiles dans les quartiers les plus touchés de Port-au-Prince. Des soins immédiats sont prodigués sur place pour stabiliser l'état des blessés qui pour beaucoup n'ont eu aucun accès aux soins. Les équipes mobiles veillent également à référencer les blessés, dans les quartiers et dans les hôpitaux, pour assurer la continuité des soins. En raison de l'engorgement des structures de santé, une majorité de victimes n'a eu aucun accès aux hôpitaux, près d'une semaine après le tremblement de terre. Et la plupart des personnes arrivent avec des blessures (essentiellement des fractures) compliquées et infectées faute d'avoir été soignées à temps. Conséquence : la plupart des blessures dégénère en infection, ce qui nécessite le plus souvent une amputation, les équipes médicales intervenant trop tard pour sauver le membre.

Prise en charge précoce
Quand aux personnes qui ont pu être traitées dans un hôpital, elles ne peuvent y rester faute de place. Ils sont donc condamnés à retourner dans des logements le plus souvent détruits, ou des campements de fortune, sans soins, sans le nécessaire pour changer leurs bandages. Ce qui implique des risques d'infection liés à des conditions d'hygiène déplorables. La mission de Handicap International est donc d'assurer immédiatement un suivi post opératoire, une prise en charge précoce des blessés, avec des conseils à leurs proches pour assurer des gestes et soins de base. Dans le cas des amputations, il faut également veiller à conserver la souplesse des articulations du membre amputé, et préparer la cicatrisation en vue d'un appareillage. C'est la priorité des premières équipes déjà actives sur le terrain. Elles seront renforcées, ce mercredi, par une équipe de spécialistes de la réadaptation qui va se mettre au travail immédiatement. Ils travailleront dans trois hôpitaux de Port au Prince, dont l'hôpital général qui est le plus important de la région.

Appareillages d'urgence
A court terme, Handicap International entend proposer des appareillages d'urgence aux personnes amputées. Compte tenu de l'ampleur de la catastrophe qui frappe Haïti, et du délabrement, voire de la destruction des structures de santé qui n'ont pas permis de prendre en charge rapidement les blessés, le nombre d'amputations devrait être de plusieurs centaines. La première évaluation, menée au bout de seulement deux jours, avait déjà permis à notre équipe de recenser 150 amputations dans les hôpitaux, alors que la majorité des blessés n'avaient pas encore pu se faire soigner. On parle maintenant du chiffre effrayant d'au moins 400 personnes amputées.

L'intervention de l'association s'inscrira donc sur le long terme pour assurer ce suivi des blessés, depuis l'hôpital jusqu'à leur appareillage, en passant par toutes les étapes nécessaires à leur réadaptation



Lundi 18 janvier 2010
Malgré un contexte très chaotique à Port-au-Prince, Handicap International a recommencé les livraisons d'aide humanitaire dès jeudi. Depuis samedi, l'équipe d'urgence a également commencé les soins aux blessés, qui vont s'intensifier cette semaine. Notre équipe a déjà recensé plus de 150 amputations, des centaines d'autres sont programmées.

Une plateforme logistique opérationnelle
La plateforme logistique de 45 camions tout-terrain, dont Handicap International avait la gestion en tant que partenaire du Programme alimentaire mondial (PAM), a repris du service au surlendemain de la catastrophe. Dès jeudi, deux premiers camions ont livré, depuis la ville de Gonaïves, 1 200 litres d'eau et quatre tonnes de biscuits énergétiques à Port-au-Prince*. Vendredi matin, ce sont huit autres camions qui ont pu partir vers la capitale haïtienne chargés de carburant et de matériel de traitement de l'eau appartenant à Action contre la faim. Les transports vont maintenant s'organiser de manière régulière permettant l'acheminement des biens prioritaires (eau, nourriture, médicaments) sous escorte, et sous la coordination des Nations unies. Plusieurs logisticiens, partis de France, de Côte d'Ivoire, ou encore de Guyane française sont arrivés, ou en route pour la capitale haïtienne. Ils viennent compléter le dispositif déjà installé sur le terrain, pour assurer la réorientation de la plateforme logistique et la distribution de l'aide. L'un de ces logisticiens doit mener d'ici demain une mission à Leogane, une commune située à l'ouest de Port-au-Prince et détruite à 80/90% selon les Nations unies. Objectif : mesurer les besoins, en particulier en matière d'abris temporaires.

Soins aux blessés et aux amputés
Dès samedi, l'association a également commencé à prodiguer des soins aux blessés. A partir de mardi, grâce au recrutement d'une dizaine de personnels de santé haïtiens, ces soins seront étendus à 6 hôpitaux et 4 quartiers de Port-au-Prince et alentours parmi les plus pauvres (notamment Carrefour et Carrefour Feuille), où réside principalement la population. Une première évaluation a déjà permis de recenser plus de 150 personnes amputées, des chiffres forcément incomplets puisque de nombreuses personnes n'ont pas encore pu se rendre dans les hôpitaux. Les besoins en appareillage vont être massifs.

De nouveaux renforts sont attendus au milieu de la semaine depuis les Etats-Unis et le Canada. Cinq personnes supplémentaires - une médecin de réadaptation physique, deux orthoprothésistes, une ergothérapeute et une kinésithérapeute – qui vont travailler sur le soin direct aux blessés. Parallèlement, deux kinésithérapeutes missionnés par la section belge de Handicap International partent demain pour rallier Haïti. Durant les deux prochains mois, ils vont travailler avec les équipes de Médecins Sans Frontières Belgique, afin d'assurer les soins de réadaptation postopératoire pour les personnes blessées (traumatismes multiples, fractures, amputations, lésions de la colonne vertébrale et neurologiques...).

Distributions aux hôpitaux
Par ailleurs, sept palettes d'équipements composées de béquilles, cannes, déambulateurs, prothèses et fauteuils roulants sont parties de la base militaire d'Istres jeudi. Ce matériel devrait être distribué demain aux hôpitaux. Un nouveau fret d'une tonne et demi quittera l'aéroport de Vatry, à côté de Reims, ce lundi matin à la première heure.

Conditions précaires
En dépit d'importantes difficultés de communication liées à la destruction des infrastructures, l'association a donc entamé ses actions sans attendre. L'équipe travaille dans des conditions très précaires, la maison dans laquelle logeait le personnel expatrié est détruite, et le bureau de l'association n'est plus utilisable, fragilisé par le tremblement de terre. Après que neuf chauffeurs haïtiens ont été retrouvés sains et saufs, les vingt-deux autres membres de Handicap International basés à Port-au-Prince ont été localisés, en bonne santé. L'équipe de Jacmel, basée à une centaine de kilomètres au sud de la capitale est également sauve.


Vendredi 15 janvier 2010
Deux premiers convois d’aide à Port-au-Prince
Daniel Chebbahi est coordinateur de la base opérationnelle de Handicap International à Gonaïves, au nord d'Haïti. Joint jeudi soir au téléphone, il raconte.


L'exode des blessés de Port-au-Prince
"Nous constatons depuis le lendemain du séisme un afflux croissant de blessés qui fuient Port-au-Prince, où ils ne peuvent recevoir de soins et remontent vers le nord du pays, par tous les moyens possibles, parfois à pied. Mercredi, nous avons vu arriver sur une moto-taxi une jeune femme avec une jambe cassée, qui avait parcouru les 160 kilomètres qui séparent Gonaïves de la capitale. Il y a de plus en plus de véhicules et un système de ramassage par bus commence à se mettre en place. Les gens remontent la route et s'arrêtent pour se faire soigner, avec plus ou moins de succès...

A Saint-Marc, à mi-chemin de Port-au-Prince et Gonaïves, il n'y a qu'un petit hôpital de 100 lits, qui accueille déjà plus de 200 personnes. Les trois hôpitaux de Gonaïves sont déjà saturés eux aussi. Les gens ont subi des écrasements, des coupures souvent infectées, des fractures parfois multiples ou ouvertes. Ils ont besoin de soins orthopédiques mais il y a très peu de médecins spécialisés et quasiment pas de matériel adéquat.

Pour le reste, la situation est fragile. L'électricité a été rétablie aujourd'hui (jeudi), mais en Haïti, ça n'a jamais été « top ». Les gens qui le peuvent ont des groupes électrogènes, et on va bientôt manquer d'essence. Il semble que la sécurité se dégrade, j'ai entendu parler des premières manifestations de violence à Gonaïves centre. On évoque les prisonniers échappés de la prison centrale de Port-au-Prince après son effondrement, qui seraient rentrés dans leur région d'origine, à Raboto et Gonaïves, et mettraient le "boxon".

Deux convois d'aide par camions
Les grandes routes sont en bon état, et nous avons pu remettre en route notre plateforme logistique d'acheminement d'aide humanitaire, grâce à la flotte de camions tout-terrain que nous gérons en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM). Pour des raisons de sécurité, les convois doivent être escortés par les forces de la Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti), ce qui nécessite de la coordination, donc du temps, dans les circonstances actuelles.

Le premier convoi de deux camions a pu partir de Gonaïves ce matin (jeudi) à 8 heures en direction de Port-au-Prince avec un chargement du PAM, comprenant 1 200 litres d'eau et quatre tonnes de biscuits énergétiques. Le second convoi, de 6 camions, partira demain (ce vendredi) à quatre heures du matin pour transporter du matériel de traitement de l'eau pour Action contre la faim (ACF). Il devrait arriver aux abords de la capitale vers 8 heures. Malheureusement, pour l'instant, nous n'avons pas de médicaments ou d'abris temporaires à acheminer, mais c'est un bon début."



Jeudi 14 janvier 2010
Mobilisation et premiers renforts après le tremblement de terre
L'équipe de Handicap International à Haïti vient d'accueillir les premiers renforts qui continueront d'arriver dans les jours qui viennent pour permettre la mise en place d'une aide d'urgence après le tremblement de terre de mardi soir.


Les premiers renforts dépêchés par Handicap International viennent d'arriver à Haïti. Aleema Shivji, spécialiste de l'urgence, a embarqué hier soir à Istres dans un appareil affrété par le gouvernement français, en compagnie des secouristes de la Sécurité civile. Elle a rejoint notre équipe sur place aujourd'hui à 13 heures pour débuter l'évaluation des besoins, particulièrement concernant les personnes handicapées et les plus vulnérables. Elle connaît bien le terrain haïtien pour être déjà intervenue dans l'île en 2008, après le passage de quatre ouragans. Un autre départ est prévu ce jeudi soir, toujours via la base aérienne d'Istres, avec également une dizaine de palettes de fret, comportant une tente-dispensaire, des aides à la marche (béquilles, déambulateurs, orthèses...) et du matériel para médical. D'autres départs suivront avant la fin de la semaine, avec des spécialistes de l'urgence qui partiront de France, de Guyane ou encore de Côte d'Ivoire pour renforcer notre équipe de Port-au-Prince.

Ambiance de chaos
Plus de 36 heures après le tremblement de terre, la situation demeure alarmante, puisque les secousses ont détruit de très nombreux hôpitaux et bâtiments de la capitale haïtienne. Les membres de l'équipe expatriée de Handicap International sont logés à la même enseigne que la plupart des habitants. Tout le monde dort en plein air, seule solution pour ne pas risquer d'être ensevelis en cas de nouvelle réplique importante. La nourriture et l'eau manquent partout. Seuls les téléphones satellites sont opérationnels à Port-au-Prince. Les voies de communications sont coupées, les rues et les routes sont encombrées, jonchées de gravats. Les rescapés cherchent leurs proches dans une ambiance de chaos. L'équipe expatriée de Handicap International n'a eu des nouvelles que de quelques rares collègues haïtiens sur la centaine qui composent d'ordinaire l'effectif de l'association à Haïti.

Dans le même temps, une partie de la population tente de quitter la capitale pour rejoindre les villes alentours, notamment celles de Saint-Marc et Gonaïves, plus au nord, dans l'espoir de trouver des secours. Mais dans ces deux villes, les hôpitaux seraient proches de la saturation.

Coordonner la logistique
L'ensemble de la plateforme logistique coordonnée par l'association pour le compte du PAM (Programme alimentaire mondial) va être réorganisée pour faire face à cette nouvelle crise. Dans ce contexte, les camions tout-terrain disponibles, prévus pour passer dans les zones les plus escarpées, devraient être en mesure d'acheminer l'aide humanitaire. Et la coordination de la logistique, pour les autres ONG présentes sur place est un enjeu primordial. Ce sera une des missions de Handicap International.

Aider les blessés
L'association qui va également intervenir directement pour aider les blessés, en appuyant les hôpitaux et les autres ONG présentes à la prise en charge des victimes du tremblement de terre. Après une catastrophe naturelle, il est en effet nécessaire de veiller à ce que les blessés soient bien soignés et suivis pour éviter l'apparition de handicap. Handicap International entend aussi apporter son aide en proposant des abris temporaires, avec des tentes, des bâches plastiques, puisque très peu de maisons sont encore habitables. Le défi étant de trouver des zones sécurisées où les sinistrés pourront être installés. Cette aide s'accompagnera de distributions de kits d'hygiène et de nourriture.

Branle-bas de combat
Cette crise mobilise le siège international de l'association, à Lyon, où depuis hier matin les équipes dédiées à l'urgence sont sur le pied de guerre. La réactivité est de mise. Les téléphones sonnent sans arrêt et chaque seconde compte, pour agir vite et bien. "L'ampleur de la catastrophe implique une logistique particulièrement importante", indiquait ce matin Florent, logisticien de notre Direction de l'urgence.


Mercredi 13 janvier 2010 - 15 heures
Déjà présente en Haïti, Handicap International est en mesure de répondre très vite aux conséquences du terrible séisme qui a frappé le pays mardi dernier. Le mouvement a d’ores et déjà décidé de débloquer une première enveloppe de 150.000 euros et de renforcer son équipe. Elle gère déjà dans le pays la plateforme logistique inter-agences d’acheminement de l’aide humanitaire. Sa priorité est désormais la prise en charge immédiate des blessés.

Le tremblement de terre qui a frappé Haïti mardi 12 janvier à 17 heures (heure locale – 23 heures à Paris) est le plus puissant des deux cents dernières années dans la région. Son épicentre est situé très près de la capitale Port-au-Prince (deux millions d’habitants) et il pourrait avoir fait des centaines voire des milliers de victimes.

De très nombreux bâtiments ont été détruits, dont la maison accueillant les cinq expatriés de Handicap International, qui sont heureusement sains et saufs, quoique choqués par la brutalité de la catastrophe et les nombreuses répliques du séisme. Ils sont à cette heure sans nouvelles de nombreux collaborateurs haïtiens de l’association (au nombre d’une centaine), en raison des difficultés de communication et de déplacement.

Les lignes de téléphone et l’électricité sont coupées, les ruines qui obstruent les rues empêchent toute circulation automobile. Le chef de mission de Handicap International a relaté des scènes de chaos et de désolation : les destructions sont massives, les morts et les blessés gisent à terre, des stations essence sont en feu, des pillages ont lieu. Les gens cherchent leurs proches. L’accès à l’eau et à la nourriture est impossible pour la plupart des habitants. Les répliques du séisme amènent la population à chercher refuge hors des bâtiments.

En Haïti, Handicap International gère depuis fin 2008 une flotte de 45 camions tout-terrain, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM), afin d’acheminer l’aide humanitaire dans des zones difficilement accessibles suite aux ouragans de l’été 2008. Par ailleurs, l’organisation venait juste de terminer un projet d’assistance aux victimes de ces mêmes ouragans dans la région des Gonaïves dans l’ouest du pays.

Une équipe de dix kinésithérapeutes et logisticiens va être déployée dans les prochains jours, pour renforcer l’aide aux victimes du séisme. D’ici à la fin de la semaine, une tonne de matériels divers (fauteuils roulants, orthèses, déambulateurs, béquilles…) aura été acheminée, un premier fret aérien partant aujourd’hui de Lyon.

Parmi les difficultés auxquelles Handicap International devrait être confrontée, il est à prévoir un manque de structures de santé opérationnelles suite aux destructions, un manque de personnel qualifié disponible et des problèmes de sécurité déjà aigus en Haïti


Mercredi 13 janvier 2010 - 9 heures
Plusieurs centaines de victimes, voire des milliers, les premières estimations après le séisme qui a frappé Haïti sont alarmantes. Le tremblement de terre, d'une magnitude de 7 sur l'échelle de Richter a touché le pays mardi 12 janvier vers 17 heures, heure locale, et particulièrement Port au Prince, la capitale, qui compte près de deux millions d'habitants. La plupart des bâtiments officiels sont touchés, quand ils ne se sont pas complètement effondrés.

Handicap International, présente dans le pays depuis plus d'un an pour coordonner une plateforme logistique en partenariat avec le PAM (programme alimentaire mondial), mobilise ses équipes sur place qui ont elles-mêmes vécu la catastrophe en direct. L'association devrait organiser des distributions d'aide humanitaire au plus vite, et apporter un soutien aux blessés.

Le pays, parmi les plus pauvres du monde, est régulièrement frappé par des catastrophes naturelles, et soumis à une instabilité politique depuis des décennies.