Une mine antipersonnel est une charge explosive dissimulée dans le sol, conçue pour exploser lorsqu’une personne entre en contact avec elle. Elle est destinée à blesser ou à tuer. Elle explose sous la pression d’un pied ou lorsqu’un fil-piège est tendu. Il en existe des dizaines de modèles différents. Cette catégorie d'arme se distingue de l'engin explosif improvisé (IED), souvent de fabrication artisanale, dont la forme et le mode de déclenchement sont particulièrement imprévisibles.
Son objectif militaire initial est de blesser ou mutiler plutôt que de tuer, afin de saturer les services de santé et de saper le moral de l'ennemi.
Le caractère indiscriminé d’une mine antipersonnel en fait une arme particulièrement atroce : elle ne fait pas la différence entre un combattant militaire et un civil, entre un adulte et un enfant. En outre, tant qu’elle n’est pas déclenchée par un individu, elle peut rester active des décennies après la fin d’un conflit.
Mines à effet de souffle (blast mines) : conçues pour arracher le membre inférieur.
Mines à fragmentation : projettent des fragments de métal sur un large rayon.
Mines bondissantes : s'élèvent dans les airs avant d'exploser à hauteur de personne.
Mines directionnelles : projettent leurs fragments dans une direction spécifique.
En 1992, Handicap International et cinq autres ONG lancent la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel (ICBL). Cinq ans plus tard, cette mobilisation aboutit à la signature du Traité d’Ottawa par 122 Etats, interdisant l’utilisation, la production, le stockage et l’exportation des mines antipersonnel. Premier traité international interdisant totalement une arme conventionnelle, il marque une victoire historique pour le désarmement et la protection des civils. Aujourd’hui, 161 États ont signé le Traité d'interdiction des mines, soit 83 % des pays du monde.
Pourtant, près de trente ans après son adoption, cette norme internationale est remise en question et fragilisée. Depuis 2025, plusieurs Etats ont se sont désengagés en annonçant leur retrait du traité. La Pologne et la Finlande, anciens producteurs, ont annoncé leur intention de relancer la production de mines terrestres ce qui n’avait pas été vu en Europe depuis près de 50 ans. L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont également déclaré leur intention d’acquérir de nouveaux stocks de mines antipersonnel.
Les revirements diplomatiques de ces Etats témoignent d’une volonté de remilitarisation en Europe, nourrie par une inquiétude accrue des États en matière de sécurité, conséquence directe du conflit en Ukraine. Près d’un quart du territoire ukrainien est contaminé par les mines et les restes explosifs de guerre, ce qui représente l’utilisation la plus répandue de mines antipersonnel en Europe depuis des décennies.
Ces désengagements interviennent alors que le nombre de victimes de mines antipersonnel est déjà en hausse à l’échelle mondiale. Cette hausse est causée par deux problèmes principaux : l’intensification des conflits armés, notamment en Ukraine et au Myanmar, et la recrudescence du nombre de victimes de mines en Syrie, suite à la chute du régime Assad et au retour de nombreuses familles chez elles, où la méconnaissance des mines / des risques liés aux mines entraîne de nombreux accidents.
Quand elles ne tuent pas, ces armes entrainent des blessures extrêmement graves chez les victimes (amputations, brûlures, cécité, lésions internes) mais aussi des traumatismes psychologiques profonds pour les victimes et leurs familles.
Les souffrances causées par les mines antipersonnel vont aussi au-delà des blessures physiques et des traumatismes individuels. Même après le conflit, ces armes affectent des communautés entières sur le long terme :
Je me joins à l’appel de Handicap International et de la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL) et je vous écris en tant que citoyen(ne) profondément préoccupé(e) par la menace du retour des mines antipersonnel. Ces armes, tuent à l’aveugle et continuent de frapper longtemps après la fin des conflits - souvent des enfants, des paysans, des civils sans défense qui représentent 9 victimes sur 10.
Le Traité d’Ottawa, que notre pays a signé avec fierté, incarne un engagement juridique, moral et humanitaire essentiel. Revenir sur cette interdiction serait un recul inacceptable pour la protection des civils et pour le droit international humanitaire.
Je vous demande solennellement de réaffirmer publiquement votre soutien au Traité d’Ottawa et de vous opposer à toute mesure qui permettrait leur retour en mettant cette question à l’agenda politique.
Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, Monsieur le Président de la Chambre des députés, l’expression de ma considération respectueuse.
* Les données ci-dessus sont collectées en vue de traiter votre participation au plaidoyer organisé par Handicap International Luxembourg asbl afin de protéger les civils en zone de conflit et de vous tenir informé(e) des suites de cette action si vous souhaitez recevoir nos lettres d’information. Ces données ne seront pas partagées avec des tiers, hormis notre agence de communication. Les données ne sont pas transférées en dehors de l’Union Européenne. Exceptionnellement, elles peuvent être transférées dans un pays adéquat ou dans le cadre du Data Privacy Framework ou en application de clauses contractuelles types.
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Nous vous invitons à découvrir une nouvelle édition de la Pyramide solidaire le 10 octobre 2026, consacrée aux conséquences humaines du retour des mines antipersonnel dans les conflits actuels. Après plusieurs années d’absence, la traditionnelle collecte de chaussures revient au cœur de l’événement : chaque paire symbolisera une personne dont la vie a été bouleversée par une mine.
Vous y suivrez notamment l'histoire d'une famille dont le destin a été bouleversé à cause de la guerre et des mines antipersonnel. Au fil de votre visite, découvrez comment nous agissons pour protéger les populations civiles et accompagnons les personnes blessées dans leur réadaptation.
Rendez-nous visite place d’Armes le 10 octobre entre 10 et 17h et amenez vos chaussures usagées pour contribuer à la pyramide !
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