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Déminage : l'espoir renaît en Colombie

Mines et autres armes
Colombie

Cinq ans après la fin du conflit armé, des milliers de mines antipersonnel menacent encore la vie des populations. De plus en plus de femmes deviennent démineuses pour dépolluer les sols.

Jennifer Diaz travaille comme démineuse près de Vistahermosa, en Colombie.

Jennifer Diaz travaille comme démineuse près de Vistahermosa, en Colombie. | © Till Mayer / HI

Le déminage : un travail difficile


Avec 28 départements sur 32 contaminés par des mines et près de 12 000 victimes de mines antipersonnel en 25 ans, la Colombie est l'un des pays où la contamination par les mines est la plus élevée au monde. Jennifer Diaz Gonzalez, 25 ans, travaille en tant que démineuse chez Handicap International depuis 2017. Elle démine la région de Vistahermosa, Meta, le département où elle a grandi et où elle vit avec sa fille. « Toute la région était sous le contrôle de groupes de guérilla », raconte Jennifer. Son père a été assassiné par des groupes armés illégaux lorsqu'elle avait un an et ses deux frères aînés ont été recrutés de force à l'adolescence. « Ils ont disparu depuis lors. Il n'y a aucun espoir de les revoir vivants un jour », regrette Jennifer.


Jennifer Diaz Gonzalez, démineuse en ColombieLa démineuse explique qu'il est très difficile de retrouver les mines antipersonnel. « La plupart des mines que nous trouvons sont des engins explosifs artisanaux », cachés dans les environs de Vistahermosa. Jennifer et son équipe doivent contrôler environ 11 000 m² en six mois. La démineuse est très consciente du danger permanent inhérent à son travail. Il exige une concentration extrême : elle doit d'abord détecter l'engin explosif et le découvrir très soigneusement. Elle le marque ensuite pour le rendre visible, à l’aide d’un drapeau, par exemple. Enfin, l'engin explosif est soit désamorcé, soit détruit.


Préparer le futur


Jennifer sait que le déminage est le seul moyen de reconstruire une vie sûre à Vistahermosa. Ce n'est que lorsque les spécialistes de Handicap International déclarent une zone libre de la menace des mines que les agriculteurs peuvent réutiliser leurs champs et que les enfants peuvent jouer et marcher sur les chemins, sans risquer d’être tués ou blessés. La jeune femme est fière de son métier : « La population locale a un grand respect pour notre travail ».

 

 « Nous allons faire en sorte que les mines disparaissent, pour que les agriculteurs puissent cultiver du café et élever du bétail sans danger. C'est un très beau projet. »

Jennifer Diaz Gonzalez, démineuse pour Handicap International

 

À Vistahermosa, Handicap International mène un projet de déminage civil humanitaire depuis novembre 2016. Ce village est celui qui compte le plus de victimes de mines antipersonnel en Colombie. Les périodes de confinement, imposées par la pandémie de COVID-19, avaient obligé Handicap International à mettre les opérations de déminage en pause. Les activités ont depuis repris et, en 2021, les équipes ont libéré 124 390 m2 de terrain et détruit plus de 30 artefacts explosifs, pour la plupart des engins explosifs artisanaux.

 

Puracé : la première municipalité dépolluée


Le 20 octobre 2021, Handicap International a déclaré la municipalité de Puracé en Colombie exempte de contamination par mines antipersonnel. Il s'agit de la première municipalité dans laquelle Handicap International termine ses opérations de déminage humanitaire, sur les 11 municipalités qui sont actuellement en cours de dépollution dans le pays.

 

« Nous célébrons le fait que les familles se sentent désormais plus en sécurité. Grâce aux activités de déminage, des vies ont été sauvées et les communautés ont recouvré leurs droits. Elles peuvent aujourd’hui utiliser leurs terres, grâce au travail acharné mené au cours des trois dernières années par les communautés, notre partenaire local et Handicap International. »

Nicola Momentè, directeur régional pour l'Amérique latine chez Handicap International.

 

Déminage humanitaire et aides économiques


Les opérations de déminage humanitaire à Puracé comprenaient la mise en œuvre de projets d'inclusion socio-économique. Entre fin 2020 et août 2021, 14 projets de personnes handicapées ont en effet été soutenus par Handicap International, comme l’ouverture d’un restaurant, l’établissement d’une production familiale de café ou encore la création d’un élevage de bétail. L’association a fourni aux bénéficiaires des aides financières leur permettant de monter leur projet.


Par ailleurs, Handicap International a appuyé un projet d’écotourisme dans la municipalité. Puracé se situe à proximité du parc naturel de Coconuco, une zone montagneuse propice aux randonnées et à l’ornithologie. La communauté de Puracé est ainsi à l’origine d’un projet associatif d’écotourisme ancestral et culturel, qu’elle souhaite développer à présent que la randonnée en montagne est à nouveau une activité sûre. Handicap International a appuyé la première phase du projet en soutenant l’analyse de marché nécessaire à son lancement.


De plus, Handicap International a travaillé sur l'éducation aux risques dans la municipalité. L’association a organisé des sessions pour expliquer les bons comportements à adopter face aux risques de mine. Par exemple, ne pas marcher en-dehors des chemins balisés, dans une zone dangereuse. Handicap International accompagne la formation des personnels et des partenaires locaux, qui continuent leur travail de sensibilisation après le départ de l’association. Ainsi, à Puracé, 245 personnes ont été éduquées aux risques entre fin 2020 et août 2021.

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