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Une chaise roulante qui fait toute la différence

Insertion
République démocratique du Congo

Daïsane est née avec les pieds bots. Depuis que HI lui a fourni une chaise roulante adaptée, elle peut se déplacer en toute autonomie et profiter de la récréation avec les autres enfants de sa classe.

Daïsane participe avec beaucoup d’intérêt au cours de citoyenneté de Madame Agnès, à l’école inclusive de Lemba.

Daïsane participe avec beaucoup d’intérêt au cours de citoyenneté de Madame Agnès, à l’école inclusive de Lemba. | © T. Freteur / HI

Daïsane a 10 ans et vit à Kinshasa, en République Démocratique du Congo, dans la commune de Lemba. Elle est née avec les pieds bots, une malformation congénitale qui touche les deux membres inférieurs. Il lui est donc très difficile de marcher. C’est presque impossible. Daïsane a été opérée plusieurs fois mais sans succès avant que HI ne la rencontre en 2021. À l’école, elle a d’abord bénéficié d’une chaise à roulettes, avec une petite table pour écrire et un repose pied pour soutenir ses chevilles. Plus tard, elle a reçu un fauteuil roulant pour faciliter ses déplacements à la maison et sur le chemin vers l’école. Elle est maintenant plus autonome.

Une grande sœur protectrice et bienveillante

Vasli, la grande sœur de Daïsane, a 27 ans et a étudié le droit. Jusqu’il y a peu, elle travaillait comme parlementaire au conseil de la jeunesse de Lemba. Elle est très investie dans la communauté et pose beaucoup de questions sur les façons de faire en Europe. Elle aimerait beaucoup avoir la chance de voyager et de découvrir différents modes de fonctionnement, dans d’autres pays.

Vasli raconte qu’avant de bénéficier d’une chaise roulante, Daïsane ne se déplaçait qu’en poussant sur ses mains et en se trainant par terre. Ce qui la limitait énormément dans sa mobilité.

« Il y a quelques semaines, quand elle a reçu sa chaise roulante, elle avait un grand sourire, son visage s’illuminait ! »

Daïsane, à son domicile, joue souvent aux cartes avec sa sœur Vasli. © T. Freteur / HILa jeune fille allait enfin pouvoir être autonome dans ses déplacements ; que ce soit dans la cour qui se trouve devant la maison, sur le chemin vers l’école ou dans la cour de récréation. Elle peut maintenant bouger beaucoup plus facilement et rapidement qu’avant et c’est toute la famille qui s’en réjouit. Elle mène aujourd’hui une vie digne.

Daïsane adore jouer aux cartes avec sa sœur, mais ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est dessiner. Surtout dessiner différentes sortes de vêtements. C’est décidé, quand elle sera plus grande, elle sera styliste !

« Quand Daïsane allait à l’école, on était obligé de payer une mototaxi pour l’y emmener. Ça représentait un certain coût, mais aujourd’hui, on peut l’emmener à l’école avec son fauteuil roulant. Ça nous prend environ 1h pour chaque trajet, mais ça nous permet de dépenser moins d’argent. Daïsane n’a que 10 ans donc c’est mieux qu’elle soit encore accompagnée sur le chemin de l’école » explique Vasli.

À l’école inclusive de Lemba, on s’adapte à la gratuité de l’enseignement

Daïsane et Madame Agnès, pendant un cours à l’école inclusive de Lemba, dans le Sud de Kinshasa. © T. Freteur / HIUne fois arrivée à l’école, Daïsane rejoint facilement sa classe grâce aux trottoirs en béton que HI y a installés. En effet, cette école inclusive a été soutenue par l’association. Grâce aux financements de la Coopération belge, l’organisation y a aussi installé des tableaux plus grands et plus bas, pour que tout le monde puisse y avoir accès. Enfin, les professeurs ont été formés pour adopter les bons réflexes quand il s’agit de donner cours à des élèves ayant des besoins spécifiques.

En 2019, la RDC a adopté la gratuité de l’enseignement. Jusqu’alors, les parents des élèves devaient couvrir les frais de scolarité et cette source de revenus permettait aux écoles de rémunérer leurs professeurs de façon autonome. Désormais, l’État rémunère les professeurs de la plupart des écoles publiques du pays et finance les infrastructures directement. Le directeur de l’école fait part de quelques difficultés rencontrées depuis ce changement.

« Notre école comptait environ 600 élèves il y a deux ans. Avec la gratuité de l’enseignement, le nombre d’élèves est passé à environ 1 100. Personne n’était préparé à une telle augmentation. Nos professeurs donnent parfois cours à des classes de plus de 60 élèves ! C’est un vrai défi. »

L’école de Lemba reçoit 35 dollars par mois pour entretenir toute l’infrastructure, acheter des fournitures et des outils de travail. Ce qui est très peu au regard des besoins de l’école qui compte de plus en plus de jeunes élèves.

Dans ce contexte un peu particulier, tout le monde s’adapte, écoliers et professeurs. Malgré l’augmentation du nombre d’enfants dans sa classe, « Madame Agnès » constate que Daïsane évolue bien, encore mieux depuis qu’elle bénéficie d’une petite table adaptée et d’une chaise roulante.

« Cette chaise roulante lui permet aussi de sortir de la classe pendant la récréation et de ne plus rester toute seule, comme c’était le cas avant. »

Madame Agnès dit avec beaucoup d’énergie qu’elle fait très attention à l’intégration de Daïsane dans la classe et, qu’à chaque début de cours, elle l’installe au premier rang. Elle s’occupe même de la transférer depuis son fauteuil jusque sa petite table adaptée. La jeune fille peut ainsi écrire et suivre la leçon sans devoir faire trop d’efforts. Son cours favori ? Les mathématiques !

Aujourd’hui, Daïsane participe pleinement aux cours et joue avec ses amis pendant la récréation. Elle se sent plus intégrée et peut se déplacer de façon autonome, en toute dignité.

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