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Éducation, filles, handicap : HI engagée à résoudre l'équation de l'exclusion

Droit Insertion
Burkina Faso International Mali Niger

Suite à une étude menée en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger, et à l'occasion de la Journée internationale de l'éducation le 26 janvier, HI alerte les gouvernements des pays du Sahel et les organisations de coopération internationale sur l'exclusion des filles handicapées de l'école. Dans le monde entier, les femmes handicapées ont trois fois plus de chance d'être analphabètes que les hommes non handicapés.

Oumou, 9 ans, est amputée. Elle est bénéficiaire du projet d'éducation inclusive de HI au Mali. (Témoignage inclus dans le kit d'éducation inclusive 2020)

Oumou, 9 ans, est amputée. Elle est bénéficiaire du projet d'éducation inclusive de HI au Mali. (Témoignage inclus dans le kit d'éducation inclusive 2020) | © Pascale Jérôme Kantoussan/HI

L'exclusion des jeunes filles, y compris des filles handicapées, du système scolaire est une injustice contre laquelle HI lutte. C'est également un problème de développement majeur dans la région du Sahel constituée de nombreux pays à faible revenu.

La réalité de l'éducation des filles au Sahel

Très peu de filles handicapées vont à l'école au Sahel. Au Mali, moins de 18 % des femmes handicapées savent lire et écrire.  Au Niger et au Mali, plus de la moitié des filles inscrites à l'école primaire n'ont pas accès à l'enseignement secondaire. Au Burkina Faso, seulement 1 % des filles terminent leurs études secondaires. Le fait d'être une fille et d'avoir un handicap représente une double discrimination.

Préjugés et superstitions contre le handicap

Avoir un enfant handicapé est considéré par les familles comme une "tragédie" ou une "punition" : l'enfant sera moins bien traité, moins nourri et moins soigné. Il sera caché, enfermé parce que la famille aura honte. Certains peuvent penser que le handicap est contagieux.

Selon certaines croyances, le corps des personnes handicapées a des propriétés magiques. Les filles handicapées mentales sont vulnérables aux abus et à la violence sexuelle, car certaines pensent que le fait de coucher avec elles leur apportera la richesse ou le pouvoir ou les guérira du sida.

La primauté des garçons

Un garçon est considéré comme le futur responsable des revenus de la famille. Il sera envoyé à l'école et aura de meilleures chances d'obtenir un emploi rémunéré.  Une fille sera plus probablement confinée aux activités domestiques. L'envoyer à l'école sera considéré comme inutile...

Les enfants handicapés sont très souvent considérés comme une charge supplémentaire pour la famille, et les filles handicapées encore plus. Les coûts de l'éducation des filles handicapées sont considérés comme trop élevés, en partie à cause de la perte économique qu'ils entraînent. En effet, les filles handicapées contribuent souvent à la survie économique du ménage en mendiant ou en participant aux tâches domestiques.

Filles handicapées à l’école: que d’obstacles !

Lorsqu'elles parviennent à aller à l'école, les filles handicapées se heurtent à de nombreux obstacles. Elles quittent souvent l'école prématurément à l'approche de la puberté, en raison du souci de la famille de les protéger contre les violences sexuelles et les grossesses précoces. Le manque de toilettes adaptées est également une cause d'absences et d'abandons répétés.

"Je préfère étudier mais si mes parents me forcent à me marier, j'accepterai de faire ce qu'ils me disent de faire" - Fata, jeune fille aveugle de 11 ans, Mali.

Dans les zones rurales, la distance entre la maison et l'école est un obstacle majeur à la scolarisation des filles handicapées. Pour les élèves qui se rendent à l'école à pied, les longues distances représentent un risque pour leur sécurité. Et le coût du transport est souvent trop élevé pour les familles.

Expériences positives

Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, des expériences d'éducation inclusive pour les enfants atteints de déficience sensorielle sont menées avec succès. Les conditions de réussite sont basées sur une bonne évaluation des besoins de l'enfant et sur l'engagement du personnel enseignant qui maîtrise la langue des signes ou le braille.

"La première année n'a pas été facile avec l'apprentissage du braille. Je ne me sentais pas à l'aise. Mais maintenant, ça va. Au fil du temps, j'ai réussi à me faire des amis et nous avons appris à nous comprendre. J'aimerais aller au lycée au Sénégal et devenir avocat dans mon pays". Daouda, 16 ans, malvoyant, Mali.

L’éducation, un objectif de développement

On estime qu'une année d'études supplémentaire peut augmenter le revenu d'une femme de 20 %. Si tous les adultes du monde avaient terminé leurs études secondaires, le taux de pauvreté dans le monde serait réduit de moitié.  [1]

L'accès limité à l'éducation entraîne une faible participation au monde du travail. Dans certains pays à faible et moyen revenu, le coût de l'exclusion des personnes handicapées du monde du travail peut atteindre 7 % du produit intérieur brut. [2]

La réduction des inégalités entre filles et garçons dans l'accès à l'éducation pourrait rapporter entre 112 et 152 milliards de dollars chaque année aux pays à faible et moyen revenu. [3]

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HI et l’éducation inclusive

En 2020, HI a mis en œuvre 52 projets dans 27 pays d'Afrique occidentale, centrale, du Nord et de l'Est, du Moyen-Orient et d'Asie. Son travail se concentre en particulier sur les enfants handicapés - les jeunes apprenants les plus vulnérables et les plus exclus du monde - dans les pays à faible revenu, tant dans les contextes de développement que d'urgence. HI vise à accroître la scolarisation, la participation et la réussite des enfants et des jeunes adultes handicapés dans l'éducation.

 

[1] UNESCO, “Reducing global poverty through universal primary and secondary education”, 2017.

[2] Buckup, S., International Labour Organization, “The price of exclusion: the economic consequences of excluding people with disabilities from the world of work”, 2009.

[3] ONE, “Accès des filles à l’éducation dans le monde : les mauvais élèves”, 2017.

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