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Fatima et Djoua : une relation de confiance à l’école

Droit Insertion
Togo

Pour surmonter les difficultés qu’elle rencontre à l’école, Fatima peut compter sur Djoua Kalimoudou, enseignant itinérant, qui l’aide à comprendre et à apprendre ses leçons.

Un homme et une fillette sont debout devant un tableau noir dans une classe. Ils tiennent ensemble un bâton qu'ils pointent vers une partie de la leçon écrite sur le tableau.

Djoua Kalimoudou, enseignant itinérant, fait répéter les sons de la leçon du jour à Fatima Oura Sama Nana. | © Orivas Prod / HI

À l’école, cultiver l’ouverture et la bienveillance

« Quand on parle d’inclusion, on nous répond souvent que les mesures à adopter coûtent cher. Mais nous avons appris qu’en réalité, cela ne coûte pas plus d’1 % du budget total de l’éducation. Pourtant, ça fait toute la différence, » explique Solange Akpo, coordinatrice régionale du Réseau africain de campagne sur l’éducation pour tous.

L’histoire de Fatima illustre parfaitement cette démarche. Fillette de huit ans, Fatima vit à Kara, au Togo, avec ses quatre frères et sœurs, son père enseignant à la retraite et sa mère ménagère. Longtemps, la petite Fatima n’a pas parlé. Inquiets, ses parents l’ont emmenée voir un orthophoniste ; celui-ci leur a conseillé de la scolariser.

« C’est grâce aux contacts avec les autres enfants, avec ses amis et à la compassion avec laquelle ses enseignants la traitent qu’elle est devenue sociable et qu’elle s’est familiarisée avec la langue. Quand elle s’est sentie bien en famille et avec les autres enfants, elle a commencé à décrypter les mots, à chanter des comptines. Elle a commencé à parler à sept ans et aujourd’hui son langage est bien articulé, » explique sa grande sœur.

Fatima a appris à parler mais elle a encore du mal à être autonome pour certaines activités du quotidien comme s’habiller ou se nourrir. Son grand défi est désormais d’apprendre à lire et à écrire.

Les progrès de Fatima

Grâce à l’école et à la patience aimante de sa famille, Fatima rattrape peu à peu son retard de langage. La fillette aime tellement aller en classe qu’elle voudrait même s’y rendre le samedi.

Son enseignante donne cours à une classe de trente-sept élèves, dont deux sont handicapés. N’ayant pas reçu de formation spécifique à l’inclusion, elle s’appuie sur l’aide précieuse de Djoua Kalimoudou : « Cette année, grâce à l’intervention des enseignants itinérants, je constate de vraies améliorations. Fatima arrive à s’exprimer et même à compter, avec un petit peu d’aide, » déclare-t-elle.

« En tant qu’enseignant itinérant, j’accompagne les enseignants titulaires pendant la classe. En cours, je me tiens devant le tableau ou à côté de l’enfant en difficulté et je reproduis tout ce que l’enseignant dit ou écrit. J’ai soutenu des enfants qui étaient marginalisés, oubliés, et qui aujourd’hui ont terminé le collège et le lycée. J’espère que Fatima suivra la même voie. Aujourd’hui, elle sait tenir son stylo et commence à tracer des mots, c’est un vrai progrès. Avec notre appui, elle apprendra à écrire ; la réussite sera avec nous, » se réjouit Djoua Kalimoudou.

Un dispositif couronné de succès prêt à être étendu

Le dispositif des enseignants itinérants, qui interviennent dans les écoles primaires et secondaires, a été lancé par HI en 2010. En plus de quinze ans d’existence, il a fait ses preuves et est aujourd’hui en passe d’être étendu dans l’ensemble du pays par le gouvernement togolais, qui prévoit de recruter près 800 nouveaux enseignants itinérants.

En plus de la formation des enseignants, HI leur fournit les motos et l’essence leur permettant de se déplacer entre les écoles, ainsi que le matériel nécessaire à leur activité – des supports à craies et à stylos adaptés pour être plus faciles à tenir, des pochoirs pour les chiffres et les lettres, des cartes en relief pour la géographie, des puzzles pour la motricité fine, etc.

Par ailleurs, HI accompagne les familles des enfants ayant un handicap moteur, sensoriel et intellectuel. Ainsi, depuis deux ans, l’organisation prend en charge la moitié des frais d’inscription de Fatima et lui a donné un kit comprenant un cartable et des fournitures scolaires.

Pendant huit ans, le projet éducation inclusive de HI a mobilisé associations, société civile et autorités éducatives pour accompagner les enfants exclus du système scolaire au Sénégal, au Togo et à Madagascar. Il a permis la mise en place des auxiliaires de vie scolaires, des enseignants itinérants et des classes intégrées passerelles. Plus de 10 000 personnes ont bénéficié de ce programme, dont près de la moitié de filles. Le projet a permis la socialisation et l’autonomie des jeunes, à leur entourage de mieux comprendre leur handicap, mais aussi le renforcement des capacités des enseignants ainsi que l’adaptation des structures et des outils de formation.

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